Critique de My Body, The Hand Grenade
Et si, finalement Courtney Love jouait mieux la comédie qu'elle ne chante ? Entendons-nous bien : meilleure actrice que conductrice de ce bus grunge qui relierait Seattle et Los Angeles. Oscarisable dans le rôle d'Althea Leasure dans Larry Flynt, la Madame Cowgirl n'en est que davantage attendue au tournant de son nouvel album, successeur de l'excellent Live Through This et resté point d'interrogation quant à la responsabilité de Kurt Cobain.
Avec My Body, The Hand Grenade, misérable compilation d'inédits live et de faces B, ce sont d'autres questions qui viennent à l'esprit. Le punk-rock des guitares y tourne embourbé et le traitement MTV Unplugged de leurs soeurs acoustiques sonne ramollo comme une bande K7 restée au soleil. Courtney Love y chantonne d'un ton approximatif et y époumone quelques souvenirs fatiguants de la veille, ressemblant aux Breeders pour le meilleur (Beautiful Son) et à Lou Reed pour le pire (Season Of The Witch piqué à Donovan).
Alors, cadeau empoisonnant, fichue braderie ou bootleg correct ? Pourtant, avec cette plutôt bonne reprise de Fleetwood Mac sur la B.O. de The Crow 2, se raisonner était encore possible : en assistant au défilé de producteurs remerciés sine die sur la bande du futur troisième album (Butch Vig, Ric Ocasek, Billy Corgan et, enfin, Michael Beinhorn), on doute à nouveau et on se surprend à penser que son envie de collaborer avec Blinker the Star (ce trio canadien au sein duquel un certain Jordon Zadorozny s'exprimerait dans le langage cru Cobain) ne serait donc pas un hasard. On attendra (janvier ?) pour juger.
- Patrick Peiffer (Rock Sound)



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